La vie au Canada

Chapitre 3 de mon PVT au Canada : Aujourd’hui ça fait 6 mois.

Je ne vais pas me lancer dans les choses que j’ai pu vivre jusque là. Pas cette fois en tout cas. J’ai écris une lettre ouverte à moi-même, spontanément. À ma façon.

Après le chapitre 2 qui date de Jérusalem, c’est l’heure du bilan. Aujourd’hui est enfin là. 6 mois au Québec. 6 mois à Montréal BAM et quelque chose a fait le déclic. Au travers du hasard des rencontres, je me suis inscrite à des séances de médecines douces, de yoga du son pour être exacte. Et tout cela remue et me dis un mot : STOP. C’est ma tête qui le dit, même mon âme qui parle et bientôt mon corps aussi.

Un homme inspirant et brut tel que Gilles Lartigot a dit un jour : “Vivez pour vous. Écrivez votre histoire.”

Je me dois de le faire sinon je vais regretter. ENCORE. J’ai tellement les doigts rongés que je me fais autant de soucis. Je crie assez intérieurement. Je dis, Julie passe une autre étape. Laisse ce dont tu as acheminé en France, ce que tu as tenté de réparer et repars ici. Je sais qu’il faut recommencer ENCORE une fois, mais je te promets cela va beaucoup t’apporter. Je sais que le boulot te préoccupe mais c’est temporaire, accepte, ose dire non parfois.

Et puis comme à Paris souviens-toi, expérimente, oublie de travailler dans l’informatique quelque fois. Ton rôle c’est de prendre soin des autres. Alors prends soin de toi, honore-toi et puis pardonne-toi.

Merci le Québec, j’avais besoin de toi pour m’extirper de mes démons. Mes peurs sont et seront toujours là. Alors, il ne te reste plus qu’à en faire une force.

Regarde tout le chemin parcouru en 6 mois. Plus tôt tu te rends compte qu’il faut passer à l’étape supérieure plus tôt tu vas profiter. Qui sait ce qui se passera, tu fais des choses, puis desfois non. Et alors ? Arrête de cogiter, la vie passe trop vite, tu es bientôt rendue à 30 ans. Alors je t’en prie, fonce. Tu as accepté et porté beaucoup de choses sur tes épaules. Et puis tu as accepté de lâcher prise sur l’amour, de laisser partir… pour que chacun s’occupe de soi alors toi aussi, occupe toi de toi maintenant. S’il te plaît et je t’apprends à te parler plus en douceur. Car tu t’es trop faites du mal par tes paroles.

Relis ce texte à chaque fois que tu en as besoin. Tu vas y arriver, ne regarde pas comment faire le chemin pour les autres. En tout cas, plus maintenant. Fais ton propre chemin, ta propre opinion. Oui, tu ne réussis pas à te vendre, à te défendre souvent mais c’est parce que tu ne sais pas ce que tu veux.

Regarde où tu es rendue. Regarde le chemin parcouru jusqu’ici. Remercie chaque jour les personnes inspirantes autour de toi. Lâche prise. Tout est OK.

Pour aller bien il fallait que tu t’exprimes. C’était ça la solution. Regarde la personne que tu es en train de devenir. Elle était là tout ce temps et elle est enfin prête à se dévoiler. C’est fou. Oui, bientôt cette énergie va descendre mais c’est OK. Regarde déjà là où tu es. Oui, tu restes dans le Québec tu restes à Montréal pour le moment mais tu vas VIVRE. Tu vas pouvoir faire des sorties le week-end. Et si non ? Ben tu feras des activités, tu apprendras la photographie, tu feras des karaokés, tu joueras des percussions, tu apprendras une autre langue et voilà.

Tu te rends compte à quel point tu as été spectatrice de ta vie ? Alors maintenant entre en scène et joue. C’est sûr tu verras tu vas aimer être sur le devant de la scène.

Tu as trouvé un cercle de personnes bienveillantes ici. Tu peux leur demander conseils et apprendre avec eux. Ils te respectent et t’acceptent comme tu es. Wow, ça te fait aimer enfin la vie ça ? Bref, rappelle-toi que tu es entourée et agis pour leur montrer qu’ils ne t’ont pas soutenus pour rien.

Tu peux être fière de toi. Non, tu n’as sauvé personne en venant au Québec, ni recréé des liens encore lointain mais tu t’es aidée toi. Alors accepte-le. VIS. Apprends à vivre et continue je crois que tu as fait le plus gros : commencer à vivre pour toi. Il faut t’exprimer Julie, tu es sur le bon chemin, peut-être pas le meilleur mais en tout cas le tien.

Aie confiance. Le Québec te donne une chance.

La vie n’est pas faite pour la subir mais pour la vivre. Alors fais-toi une promesse. Laisse partir ce dont tu n’as plus besoin et vis, bordel. Tu as trop vu de personnes se laisser aller alors montre leur que tu es différente et que c’est possible d’aller bien si on s’en donne les moyens. Oui, ça demande du courage, de la force encore et toujours mais au final dis-toi que c’est pour le meilleur. Puis tu as déjà vue et vécue de la profonde tristesse et de la mélancolie alors fais place nette tout en sachant que cela va revenir. Tout est impermanence.

Tout comme tes croyances. Laisse les en France et comme on t’a dit un jour : “Laisse tes cicatrices là bas et repars ici comme neuve car personne ne connaît ton histoire.” Il faut, non tu dois trouver une nouvelle dynamique, plus de lectures inspirantes car cela germe et agis en toi quand tu parles de tes émotions.

Car oui, tu arrives à te dévoiler plus, à exprimer tes émotions en étant dans la spontanéité et moins dans le contrôle, c’est fou. Ici au Québec, j’ai l’impression d’avoir la liberté de croire et penser ce que je veux. Je peux parler d’esprit, d’énergies, de corps, et ça me plaît, mon dieu que cela m’anime.

Quand je fais des séances de yoga du son par exemple, je me dis que tout le monde devrait faire pareil. Enfin au moins incorporer dans leur vie un art. Même si ils n’y connaissent rien, comme moi. Mais au moins extérioriser et prendre un instant pour soi en se recentrant. Quelle journée, je ne pensais à rien d’autres qu’à moi-même dans cette séance de médecine douce. Même pas je me suis dit “Attends prends pas trop d’espace puis ne reparle pas trop de toi longtemps” ou encore “ne parle par top pour ne pas qu’ils pensent que tu te vantes”.

Mais tu existes Julie, Bordel. Tu vaux quelque chose, ne demande pas consciemment ou inconsciemment même l’avi ou l’approbation des autres. Car il n’y a que toi qui peux te sauver au final. Tu verras tu vas y arriver. Rester au Québec pour y vivre plus longtemps ou pas, vis s’il te plaît et fais-toi confiance. Et quand c’est si peu le cas, regarde comment tu peux te mettre en avant et plaire aux gens. Alors, c’est bon est-ce que je t’ai auto-convaincue ? Parce que là Julie, il n’y a plus qu’à agir, planter des graines et te libérer.

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